(Vidéo)Renforcer le monitoring du régulateur tunisien de l’audiovisuel

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Entretien Paul-Eric Mosseray (CSA) 

Paul-Eric Mosseray (CSA) est le chef de projet du jumelage entre la Haica, l’INA et le CSA. Tout au long des 21 mois du projet, 300 heures d’expertise seront déployées pour renforcer le fonctionnement du régulateur des médias tunisiens. L’un des pôles d’action concerne le monitoring et la régulation des contenus par la HAICA. Il faut dire qu’après la révolution, une flopée de nouvelles radios et télévisions sont apparues dans le paysage médiatique tunisien. Accompagner le Régulateur tunisien dans cet exercice de supervision des programmes diffusés par ces chaînes constituait une demande importante de la HAICA dont Paul-Eric Mosseray nous détaille les enjeux.

À quoi sert le Monitoring des chaînes tv et radio ? 

C’est un exercice fondamental ! Le monitoring est au cœur de l’activité du régulateur car il recouvre des activités plus larges de supervision et d’évaluation de l’ensemble des contenus radio et télé. Cette évaluation est menée dans le but d’assurer la protection des usagers, comme la promotion des libertés, singulièrement de la liberté d’expression. Le monitoring incarne l’action de « contrôle » du régulateur. A la Haica, c’est régulièrement à partir des rapports de visionnage et d’analyse qui sont préparés par les équipes monitoring que le régulateur documente son travail et peut prendre les bonnes décisions.  

Que monitorent les équipes de la HAICA ?

Le monitoring a d’abord été prioritairement orienté à la Haica sur ses missions d’origine et plus particulièrement la supervision du traitement de l’info en période électorale et la protection des libertés essentielles. La HAICA n’a pas attendu avant d’entrer dans des thématiques porteuses. Ils performent sur la question du pluralisme politique durant les périodes électorales (ce qui est fondamental dans un processus démocratique). Dans un paysage qui a soudainement explosé en termes de nombre d’acteurs radio et télé depuis la révolution, la supervision des objectifs fondamentaux que sont le respect de la dignité humaine, la prévention des discriminations et la diversité sociale sont absolument prioritaires. La HAICA a également beaucoup travaillé sur les questions d’égalité entre les femmes et les hommes dans les programmes.   

Les objectifs du régulateur tunisien semblent déjà bien remplis. Quel sera alors le rôle du jumelage ?

D’autres champs fondamentaux de la régulation n’ont pas encore été investis, ou pas totalement par la HAICA. C’est ici que le CSA intervient de manière prioritaire grâce au jumelage. D’une part, nous allons renforcer les compétences existantes et déployer de nouveaux champs d’action d’autre part. Notre démarche est inclusive et on essaye d’impliquer tous les départements et le plus de conseiller.ère.s possible pour mener à bien cette mission. Le travail sera également construit en intégrant la mission de contrôle et celle de la prospective, en lien avec le volet « Etudes » du programme.  Plus concrètement, nous allons ouvrir à la HAICA les thématiques comme la protection des mineurs en créant un outil de surveillance des règles de signalétique et de protection des enfants et en préparant une observation de la représentation du jeune public à l’écran. Nous allons aussi ouvrir le champ d’action de la HAICA aux nouvelles formes de communication commerciale à travers un monitoring de contrôle et un projet d’étude Nous allons soutenir le processus d’instruction des décisions de la HAICA. Enfin, nous travaillerons sur l’importante question des missions des services audiovisuels publics, une question actuellement en discussion en Tunisie, par la conception d’un outil d’évaluation des médias de service public.

Vous êtes à la tête d’un projet important dans le contexte de transition démocratique tunisien. Comment traduire l’ambiance sur place ?  

C’est aussi et surtout un jumelage entre des personnes qui partagent les mêmes valeurs et qui travaillent pourtant sur des réalités très différentes.  D’un point de vue plus personnel, c’est particulièrement gratifiant de pouvoir travailler sur ces domaines, de partager son expérience, d’en acquérir de nouvelles et d’apporter sa pierre à l’édifice de transition démocratique en Tunisie. C’est un jumelage qui fait sens pour moi et l’équipe du CSA a été d’emblée bien acceptée et intégrée. Et c’est un exercice très riche que celui de s’immerger dans un environnement qui nécessite de la flexibilité et un questionnement permanent sur ses propres pratiques. En bref, je suis heureux de participer à cette belle aventure.

Consultez notre rubrique consacrée au jumelage HAICA-CSA

Consultez le dossier de presse de lancement du jumelage

Renforcer le service monitoring du régulateur tunisien de l'audiovisuel from CSA on Vimeo.

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