Entretien avec Denis Pierrard, General Manager du groupe IPM
Ce vendredi 9 février 2024 marque le début de la « période électorale » pour les médias de la Fédération Wallonie-Bruxelles, soit 4 mois avant le scrutin pour les élections fédérales, régionales et européennes. À partir de cette date, le « règlement élections » adopté par le Collège d’avis du CSA est d’application pour l’ensemble des médias de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ce règlement édicte les principes que devront respecter les médias lors des élections de juin et d’octobre 2024 afin de garantir au public une couverture objective, équilibrée et représentative des différentes tendances idéologiques, philosophiques et politiques et lui permettre de se façonner son point de vue pour prendre part à la vie démocratique.
Nous avons posé quelques questions aux médias qui couvrent les élections pour mieux comprendre la manière dont ils envisagent de couvrir les élections. Parmi ces médias, on retrouve LN24 qui s’apprête à couvrir les élections pour la première fois.
En tant que professionnel des médias qui couvre les élections, quels sont les enjeux sur votre métier que vous percevez autour du double scrutin en juin et octobre de cette année ?
Les médias traditionnels -comme la radio, la télévision et la presse écrite- joueront un rôle essentiel durant ces élections dans la lutte contre les fake news, propagées essentiellement sur les réseaux sociaux qui sont bien moins régulés, et ont été par le passé le théâtre de fausse d’informations ayant influencés les élections (Brexit, élection de Trump en 2018, etc.). Un média comme LN24, mais aussi l’ensemble des titres du groupe IPM (notre actionnaire principal ndlr) avec lesquels nous allons collaborer durant cette campagne, devront assurer un rôle de « vigiles de la démocratie » pour dénoncer ces fakes news.
Pour les élections d’octobre, il s’agira de mettre en avant les enjeux plus locaux : Nous avons pour cela la chance de pouvoir nous appuyer sur le réseau du groupe IPM, qui dispose de la plus grosse rédaction au niveau régional avec L’Avenir et La DH est une force non négligeable.
Comment percevez-vous votre rôle auprès des politiques et des citoyens ?
En tant que quatrième pouvoir, nous devons dénoncer les injustices, les pratiques non citoyennes de certains ou les éventuels conflits d’intérêts personnels. La presse est une vigile de la démocratie et se doit de défendre tant les intérêts du citoyen que l’intérêt général. C’est d’ailleurs pour cela qu’au sein du groupe IPM nous avons créé entre nos différents médias écrits et audiovisuels le « Pole investigation » qui propose des enquêtes fouillées et documentées.
Nous sommes là également pour servir d’intermédiaires entre les citoyens et les politiques, en interpellant les politique sur les questions que se posent les citoyens et les situations qu’ils vivent.
Nous devons aussi, comme c’est dans l’ADN de LN24 depuis sa création, permettre aux citoyens de décoder les événements, contextualiser les discours ou ce qu’ils voient et entendent sur les réseaux sociaux.
Comment vous préparez-vous ou comment préparez-vous vos équipes pour cette couverture exceptionnelle ? Quelles sont réflexions que vous avez menées pour rédiger votre dispositif ?
La réflexion par rapport au dispositif électoral mis en place a été mené au sein d’une « task force » composée du Directeur d’antenne Jean-Marc Gheraille, de notre rédactrice en chef Sara Abdenourri et du responsable du projet élections Maxime Binet, qui anime tous les matins une interview politique sur LN24 et LN Radio. Ce dispositif a été discuté à plusieurs reprises au sein du Comité de direction et présenté à la Société des Journalistes.
Nous avons cherché à nous différencier des chaînes « généralistes » tant pour une question de moyens financiers qu’éditoriale. En effet, LN24 est la chaîne de télévision qui propose la plus grosse couverture de l’actualité politique, que ce soit au quotidien dans le Premier sur l’info qui revient à 18H durant une heure sur l’actualité du jour, que chaque semaine avec « Les Couloirs de la Chambre », la seule émission de 90 minute dédiée à l’actualité politique le jeudi après-midi en fédération Wallonie-Bruxelles. Et paradoxalement, nous sommes aussi la chaîne qui dispose du moins de moyens financier pour assurer cette mission essentielle !
En quoi votre média proposera-t-il une approche singulière pour couvrir ces élections ?
Outre la poursuite jusqu’à la dissolution des assemblées des « Couloirs de la Chambre » le jeudi à 14H30, nous sommes le seul média tv qui offrira un décryptage hebdomadaire de ces élections lors d’un débat avec des grands noms du journalisme politique dans les « Carnets de Campagne ». Par ailleurs, outre les formats plus événementiels sous forme de « grand entretien » ou d’émission spéciale face aux préoccupations des belges, LN24 sera la chaîne qui accordera quotidiennement le plus de place à la campagne électorale et les enjeux dans « Premier sur l’Info ».
Par ailleurs, le soir des élections, nous visions à nous différencier lors d’une émission spéciale élections dont le but n’est pas d’égrener des résultats, mais de de proposer un débat plutôt analytique avec des experts, spécialistes et journalistes ou intervenants politiques qui apporteront une plus-value sous forme de réaction et d’analyse pour aller au fond des sujets, des analyses et tirer les conclusions du triple scrutin.
Les campagnes politiques se déplacent aussi largement en dehors des canaux médiatiques traditionnels. Comment prenez-vous en compte cette évolution au sein de votre média ?
En proposant notre contenu vidéo en digital, tant sur le site de LN24 que sur ceux et les réseaux sociaux des titres IPM que sont La Libre.be, DH.Be, Lavenir.net, etc.
En termes de Réseaux sociaux propres à LN24, nous privilégions, Facebook, YouTube et LinkedIn pour y poster les moments forts de chacune des émissions produites dans le cadre de la couverture des élections. Ces vidéos seront également postées dans des articles rédactionnels illustrant les sujets abordés et ce sur l’ensemble des sites des titres du groupe IPM et leurs réseaux sociaux.
Le règlement sur la couverture électorale adopté au CSA définit une série de cadres qui répondent à des principes importants tels que le pluralisme, l’égalité femmes-hommes ou encore la visibilité des petites listes. Comment avez-vous intégré ces derniers dans votre dispositif pour couvrir la période électorale ?
Ces critères sont déjà appliqués quotidiennement sur LN24 depuis sa création ; Ils sont dans l’ADN de la chaîne et seront partie intégrante de notre dispositif. LN24 est d’ailleurs reconnue pour « donner le temps » à ses invités et pour la diversité de ses invités ou chroniqueuses et chroniqueurs. LN24 dispose d’ailleurs d’une parité 50/50 parmi les 30 collaborateurs principaux de la chaîne.
Dans le cadre de ces élections comme de nos émissions, nous veillons à demander aux partis politiques de respecter cette diversité dans le choix des représentants qu’ils nous envoient…mais ce n’est visiblement pas toujours possible ou le cas.

