« L’audace est une partie intégrante du service public »

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À l’occasion de la parution du bilan RTBF, suite au contrôle de l’exercice 2017, Régulation s’est entretenu avec Noël Theben et Madeleine Cantaert de l’unité Télévisions du CSA.

Missions accomplies pour la RTBF ?

Le CSA constate en effet que le contrat de gestion est respecté. L’avis du Collège est globalement très positif. Il relève que la RTBF se projette dans certaines missions de service public au-delà des objectifs qui lui sont fixés. C’est le cas pour les investissements dans la production locale, par exemple, la RTBF a consacré 12 millions d’euros à des contrats passés avec des structures indépendantes, c’est plus que l’année précédente, c’est plus également que le seuil de 7,5 millions fixé par le contrat de gestion. C’est donc un gage de confiance envers les créateurs belges francophones, qu’il faudra confirmer car le constat demeure que les producteurs indépendants ont grandement besoin du soutien de la RTBF. Autre exemple : la mission d’éducation permanente, parfois difficile à cerner, a fait l’objet d’une analyse approfondie. Le CSA constate que la RTBF s’y investit au travers d’une variété de programmes touchant à la protection des consommateurs, à l’environnement, à la vulgarisation scientifique, à la cohésion sociale, et ce, tant en radio, qu’en télévision.

La webcréation reste également un axe de déploiement de la RTBF ?

Oui. Les succès critiques et publics enregistrés ces dernières années parlent d’eux-mêmes. La RTBF investit les nouveaux canaux de diffusion en prenant des risques, en développant la diversité des formats, des intervenants, des thématiques… Alors que la monétisation reste délicate sur Internet, c’est aussi le rôle d’un éditeur de service public d’y tenter des choses, de se transformer en laboratoire audiovisuel. Pour aborder plus spécifiquement Tarmac, il s’agit, conformément à son slogan, d’un réel « terrain de jeu » propice au développement de nouveaux tons de programmation qui répondent à l’évolution des modes de consommation. Par ailleurs, l’intégration depuis 2017 de séries sonores au sein de la webcréation vient appuyer cet axe de déploiement.

Le bilan revient longuement sur le volet sportif de la programmation. Pourquoi ?

Il s’agit en effet d’un focus spécifique. Le sport est un élément de programmation très fédérateur qui draine énormément d’audience en télévision. Il est donc intéressant d’examiner la manière dont la RTBF se positionne sur ce créneau en tant qu’éditeur de service public. Premier constat : la RTBF propose une offre variée touchant à divers sports populaires tels que le football, le basket, l’athlétisme, le tennis, les sports moteurs ou encore le cyclisme. La mise en valeur de sports « moins médiatisés » reste cependant plus confidentielle sur 2017. Pourtant, l’impact du soutien de la RTBF peut être très important : ces dernières années, l’intérêt progressif de la rédaction de sports pour le hockey est allé de pair avec un engouement du public pour cette discipline. Une « success story » portée par les performances de nos athlètes, « Red Panthers » et « Red Lions », mais aussi par la RTBF. Ce qui pourrait l’encourager à soutenir l’émergence d’autres disciplines.

Concernant le sport féminin, le bilan est-il encourageant ?

La RTBF démontre une volonté de soutenir les équipes nationales de football, de hockey, de basket, elle suit également le tennis féminin. Avec 15% des retransmissions sportives en 2017, le sport féminin est plus représenté qu’auparavant. La RTBF doit poursuivre dans cette voie. D’autant que les exemples étrangers démontrent que les audiences suivent… Par contre, le CSA restera vigilant aux efforts consentis par la RTBF pour valoriser le sport pratiqué par les personnes en situation de handicap. Le Collège encourage vivement la RTBF à prendre des initiatives dans ce domaine, à rendre cet aspect de sa programmation plus inclusif. En effet, associer performance et handicap participe à lutter contre les stéréotypes. De plus, la Fédération Wallonie-Bruxelles compte des athlètes paralympiques de haut niveau.

Lors du contrôle précédent, l’horaire de diffusion du programme de médiation avait abouti à une infraction constatée dans le chef de la RTBF. La situation est-elle aujourd’hui normalisée ?

Le contrôle 2016 avait en effet identifié un manque de visibilité du programme « Medialog », véritable espace de dialogue entre la RTBF et ses publics, mais relégué dans les grilles de fin de soirée. Après des discussions constructives avec les équipes de la RTBF, le CSA constate aujourd’hui que, non seulement les horaires de rediffusion du programme ont été adaptés dans le sens d’une meilleure exposition, mais également que la mécanique du format de « Medialog » a été remaniée dans le sens d’une interactivité et d’une modernité accrues. Le prescrit du contrat de gestion est désormais rencontré.

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