« Nous sommes dans un réel dialogue avec les différents distributeurs. »

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Rencontre avec Samy Carrere, responsable de l’Unité Distributeurs& Opérateurs au CSA. L’unité vient de publier le bilan 2018 de la distribution audiovisuelle, sous forme d’un dossier didactique accessible à tous les publics,qu’ils soient opérateurs ou consommateurs.

L’Unité Distributeurs& Opérateurs vient de publier un dossier conséquent consacré au secteur de la télédistribution. À quoi sert-il ?

Cette année, nous nous sommes essayés à une version davantage grand public de notre bilan annuel. Nous l’avons intitulé « Repères D&O ». L’objectif, ici, est de permettre aussi bien aux observateurs qu’aux consommateurs de mieux appréhender, grâce à un certain nombre de données significatives, la réelle place des distributeurs au sein de notre marché. On ne peut les cantonner à de simples diffuseurs de services de médias audiovisuels qui doivent respecter des obligations décrétales ; ce sont des acteurs importants de notre écosystème audiovisuel tant au niveau économique que stratégique.

Quelles sont les tendances que vous observez cette année par rapport à l’année dernière ?

Tout d’abord, concernant leurs obligations légales, il est important de préciser que les distributeurs les ont globalement respectées. Nous sommes donc en présence d’un secteur conscient de ses obligations et qui les respecte. Deux points ont retenu particulièrement notre attention cette année. Il s’agit de l’obligation de distribution obligatoire dit « must-carry » et de l’accessibilité qui a fait l’objet d’un nouveau règlement. Cependant, dans l’ensemble le secteur est dans le vert.

Concernant les tendances, il faut relever que l’investissement réel des distributeurs a connu une baisse relativement importante. Cette diminution d’environ 7% confirme une tendance déjà observée l’année dernière. Les distributeurs restent majoritairement ceux qui contribuent le plus, mais la baisse de l’investissement réel de Betv a particulièrement impacté l’évolution de ces montants.

On lit dans ce bilan que le Must carry n’est pas vraiment respecté par certains distributeurs. Que prévoit le CSA pour résoudre ce problème dans les mois à venir ?

A ce stade, il n’y a rien d’alarmant et le Collège d’autorisation et de contrôle du CSA a considéré raisonnable de tolérer cette situation exceptionnellement jusqu’au prochain contrôle annuel.Il s’agit d’une obligation importante pour le public mais qui peut être considérée comme contraignante à certains égards pour les distributeurs. Le régime de « must-carry » a d’ailleurs fait l’objet cette année d’un réexamen de notre part, et nous avons envisagé notamment la nécessité ou non du maintien de cette obligation en mode analogique. Quoi qu’il en soit, nous sommes dans un réel dialogue avec les différents distributeurs. Il se poursuivra lors du prochain contrôle.

Qu’observez-vous en termes d’évolution des produits proposés par le secteur et de la consommation en général ?

La transition numérique se poursuit indéniablement et ce n’est pas une surprise. Globalement, les raccordements à la télévision sont en hausse, mais l’analogique continue de perdre du terrain au profit du numérique. Point particulièrement intéressant,les consommateurs choisissent de plus en plus la télévision au sein d’offres groupées puisque 71% des ménages belges ont adopté ces offres. Les offres comprenant trois produits continuent leur progression tout comme ceux avec quatre produits qui connaissent depuis quelques années la plus forte pénétration. Certains distributeurs ont d’ailleurs pris le parti de ne plus proposer aux consommateurs d’offres pour la télévision seule. Ils ne la proposent qu’en combinaison avec d’autres produits, ce qui s’explique par un faible taux d’attrition dans le cadre d’offres groupées.

Orange est un nouvel entrant qui a dû se soumettre aux mêmes obligations que les autres distributeurs. Comment percevez-vous cette entrée au regard de ces obligations ?

L’analyse de marché de 2011,révisée en 2018, a permis d’imposer aux opérateurs puissants sur le marché des mesures réglementaires appropriés visant à pallier un manque de concurrence.C’est sur base de ces mesures que Orange a pu effectuer son entrée sur le marché en 2016, ce qui est une bonne chose pour le consommateur, mais également pour le secteur.

En effet, Orange doit respecter les obligations décrétales et, notamment, contribuer à la production audiovisuelle et au financement des télévisions locales en Fédération Wallonie-Bruxelles.Cela se ressent d’ailleurs cette année puisque Orange a gagné quelques parts de marché et a pu contribuer à la production proportionnellement à son nombre d’abonnés. Il est intéressant de noter également que Orange a connu une entrée relativement intéressante sur le marché et a réussi à capter une part non négligeable de clients. Du point de vue du régulateur, cela démontre le caractère primordial et sain d’une concurrence effective.

Consulter le dossier de presse « Distribution audiovisuelle : bilan 2018

Partie 1 : Le rôle des distributeurs et leur offre

Partie 2 : L’apport aux acteurs de la chaîne de valeur

Partie 3 : Leur position sur le marché (les fiches pratiques)

Lire les avis distributeurs pour l’exercice 2017

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Brutélé

Coditel

Nethys

Orange

Proximus

Telenet

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