Stocker ad vitam les archives audiovisuelles

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L’ouverture d’un monde des possibles pour la HAICA

Dans le cadre du projet de jumelage, Éric Rault assure l’accompagnement à la mise en place d’un système d’archivage des ressources audiovisuelles au sein de la HAICA. En Tunisie, il n’existe pas d’institution qui centralise la collecte et le stockage de tous les flux radio et TV. Au-delà de l’intérêt certain de constituer un patrimoine de l’audiovisuel, mettre en place un tel système d’archives permettrait d’imaginer de nombreuses possibilités de services aux producteurs, diffuseurs, mais aussi au monde académique et au grand public. L’instance de régulation tunisenne (HAICA) devra décider de ces usages, et en particulier du périmètre de consultation des contenus audiovisuels archivés grâce au futur système de gestion des ressources.

Quelle est votre mission au sein du jumelage ?


Nous avons une mission précise concernant ce jumelage dont la finalité est de soutenir la HAICA dans la refonte de son infrastructure technique. Elle se décline en trois objectifs distincts. Nous allons réaliser dans un premier temps un audit des systèmes de captation, de stockage et de catalogage qui existent à la HAICA avec, comme réflexion complémentaire, celle de définir un système d’archivage permettant de stocker les ressources audiovisuelles ad vitam.


Nous ferons ensuite des propositions concrètes et nous assurerons enfin le suivi de la mise en oeuvre du nouveau système. 

C’est un dossier très technique dans lequel l’INA va se lancer !

Oui, le dossier présente de multiples composantes et il n’existe pas de solution clé en main pour couvrir cet ensemble. Nous sommes avant tout dans l’accompagnement et dans la recherche de réponses techniques concertées avec la HAICA. L’installation d’une première maquette a permis de fixer les principes opérationnels d’une captation de qualité optimale. De cette base vont se décliner les différents modules matériels et logiciels nécessaires.


Nous devrons ensuite identifier ce qui sera engagé en interne, en externe, ainsi que les constructeurs capables de nous fournir les matériels et logiciels adaptés.


Quelles sont les attentes de la HAICA dans ce projet ambitieux de création d’une base de données et d’un catalogue d’archives audiovisuelles ?


Jusqu’à présent, la HAICA est tenue de conserver les programmes qu’elle monitore durant trois ans. Avec ce projet, un des objectifs est d’engager une conservation des médias collectés sur le très long terme, dans une qualité élevée et accompagnés de données de description documentaire. La mise en place d’un système d’archivage associé à un catalogue de ressources audiovisuelles de qualité, ouvre alors le champ des possibles.


Les producteurs et les diffuseurs de tous les pays disposent d’archives audiovisuelles. Cependant, la conservation et la documentation des fonds constitués ne représentent pas leur cœur d’activité. Les archives apparaissent alors comme moins prioritaires. Elles sont de fait trop rarement conservées et documentées dans de bonnes conditions. Avec
un système d’enregistrement, de stockage et de documentation de qualité, couvrant l’ensemble de la diffusion sur le territoire tunisien, la HAICA sera
en mesure de proposer ce service aux producteurs et diffuseurs. Elle pourrait aussi devenir un dépôt légal de l’audiovisuel et ainsi étendre ses usages à la conservation patrimoniale et au monde de la recherche. Ce sera à la HAICA de définir le périmètre d’usages et d’usagers de ses archives.
L’INA dispose d’une expérience importante en France.

À qui servent ces archives ?


Nos archives audiovisuelles touchent un très large public tant sur le plan national qu’international. Nous commercialisons près de deux millions d’heures d’archives auprès des professionnels de l’audiovisuel qui les utilisent pour illustrer l’actualité ou à des fins de production. Nous produisons et coproduisons de nombreux contenus avec nos archives. Nous servons également les institutions comme les musées et sommes sollicités dans le cadre d’événements culturels et dans le domaine pédagogique.
L’INA est également en charge du dépôt légal de la Radio, Télévision et du Web Médias en France.


Les fonds patrimoniaux constitués (soit en 2018 17.8 millions d’heures issues de la captation de 169 chaînes TV et Radio, 15.000 sites Web Médias, 13.000 comptes Twitter) sont accessibles sur l’ensemble du territoire en consultation gratuite à des fins de recherche. Nous mettons enfin à disposition du grand public plusieurs milliers d’heures d’archives sur
notre site internet www.ina.fr et proposons une offre S-VOD conséquente. En fonction de l’actualité, nous éditorialisons des archives et les diffusons notamment sur les réseaux sociaux.


L’utilité de conserver notre patrimoine audiovisuel est implicite. Cependant et jusque dans les années 90, un public restreint y avait accès. Aujourd’hui, les technologies numériques autorisent la constitution et le maintien des archives audiovisuelles avec une économie contrôlée. Il est ainsi possible de valoriser notre patrimoine audiovisuel, de soutenir la production
et d’alimenter la recherche. Les besoins et usages des archives audiovisuelles sont désormais vastes…

Consultez le dossier de presse de lancement du jumelage 

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