« La thématique de la diversité et de l’égalité n’est certainement pas un sujet oublié »

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Les Baromètres Programmes et Communication commerciale pointent tous deux un manque de représentation de la diversité et de l’égalité sur nos écrans, notamment dans les télévisions locales. Comment fonctionne la Fédération des Télévisions Locales et comment intègre-t-elle la thématique de la diversité et de l’égalité dans ses missions ? Nous avons posé ces questions à Fabien Bourgies, Directeur général de la Fédération des Télévisions Locales  qui coordonne 12 télévisions locales francophones : Antenne Centre, BX1, Canal C, Canal Zoom, Matélé, Notélé, RTC Télé-Liège, Télé MB, Télésambre, Télévesdre, TV Com, TV Lux.

Comment fonctionne la Fédération des Télévisions Locales ? Quelle est sa mission ?

Notre mission, en tant que Fédération, est de coordonner, promouvoir et représenter les 12 télévisions locales francophones, tout en respectant leur autonomie et avec le souci de favoriser la concrétisation de leurs missions. Ces douze ASBL sont réunies au sein d’un même objectif et d’une même stratégie et coordonnées par la Fédération. En outre, la fédération coordonne des projets de synergies décidés par les télévisions locales.

Quels sont les objectifs de la Fédération au niveau de la représentation de la diversité et de l’égalité ? Comment peut-elle intervenir sur cette thématique ?

Il faut séparer « les missions » de la Fédération et l’aspect « gestion propre d’une antenne » qui revient aux télévisions. En tant que Fédération, on ne peut pas intervenir lorsque l’on parle de représentation de la diversité et de l’égalité dans une chaîne de télévision. On ne se permet pas de suggérer un genre, un profil de présentateur.trice ou de journaliste par exemple car cela relève de la gestion propre d’une antenne. Ce sont des actions qui doivent être menées par les chaînes elles-mêmes.

Par contre, la Fédération peut intervenir dans le montage d’émissions communes aux télévisions. Une télévision qui a une émission avec un axe particulier peut nous proposer de faire « monter » cette émission au niveau de la Fédération, pour qu’elle puisse être diffusée sur les 11 ou 12 télévisions locales (selon que l’émission se passe en Wallonie ou en Communauté française). On va dès lors adapter cette émission pour qu’elle puisse devenir une « émission réseau ». Cette émission monte alors vers un comité de programmation, qui réunit tous les programmateurs des télévisions locales. C’est durant ce comité qu’est discuté le partage de ce type d’émissions.

Parmi les émissions communes aux télévisions, nous avons par exemple l’émission « Vivre ici » en langue des signes qui est coordonnée par la Fédération ou encore la retransmission d’un tournoi de tennis en chaises roulantes la première semaine de juillet. Une émission de TV Lux sur les enfants en situation de handicap est également en discussion pour être diffusée sur le réseau.  La Fédération joue donc ce rôle de catalyseur et dispense une émission d’une chaîne vers les 11 ou 12 autres chaînes locales.

Pour donner quelques chiffres sur la représentation hommes-femmes au sein de la Fédération des Télévisions Locales, il faut savoir qu’elle est constituée de 7 femmes pour 4 hommes. Les télévisions locales emploient elles 37% de femmes sur un total d’environ 400 personnes.

Quels sont les autres projets en cours pour favoriser la représentation de l’égalité et de la diversité sur nos écrans ?

Notre mission, en plus d’être locale, est de couvrir certains événements ou sports que d’autres chaînes ne couvrent pas. Par exemple, nous sommes en train de monter un dossier sur les sports féminins. Le projet serait de diffuser des compétitions féminines, de montrer le métier d’entraîneuse, mais aussi de mettre des personnes féminines à l’honneur qui s’investissent tout autant que les hommes dans le sport. Je pense notamment aux mamans bénévoles qui, dans la vie de tous les jours, donnent un coup de main pour que le sport en Communauté française puisse vivre. C’est un des dossiers en cours chez nous.

Quels sont les améliorations que pourraient apporter la Fédération ?

Suite à la parution du bilan du CSA, nous allons ajouter le sujet de la diversité lors de nos comités de programmation et lors de nos comités mensuels, qui réunissent tous les programmateurs et où on discute ensemble de ce qu’on peut ajouter à l’agenda. Ce genre d’actions permettrait de donner vie au bilan du CSA.

Est-ce qu’il n’est pas nécessaire à un moment d’avancer vers des objectifs plus précis ?

Pour moi, « obliger » signifierait qu’il y a un oubli volontaire du sujet diversité de notre part. Or, ce n’est pas du tout le cas ! Ce n’est certainement pas un sujet oublié chez nous et je pense qu’il y a mieux que ce qui est mis dans le bilan. La méthodologie du bilan diversité en influence les résultats. En effet, sélectionner une semaine de programmes représente à peine 2% de la programmation annuelle. La Fédération est bien consciente des missions de diversité et d’égalité et essaie d’intervenir et d’agir là où elle peut et où elle sait.

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