Egalité femmes-hommes : chacun doit prendre conscience qu’il dispose d’un levier

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Mathilde Alet était la Secrétaire d’instruction du CSA jusqu’au 5 mars 2018. Elle a désormais rejoint d’autres horizons professionnels, mais notre ancienne experte a largement contribué aux projets de l’institution concernant les matières d’égalité entre les femmes et les hommes. Mathilde Alet a notamment contribué à l’élaboration du premier Baromètre Diversité du CSA en tant que Conseillère égalité et diversité. En tant que Secrétaire d’instruction, elle a pu se pencher concrètement sur une nouvelle disposition décrétale qui impose désormais aux éditeurs de respecter l’égalité entre les femmes et les hommes.  Le législateur a décidé d’intégrer en 2016 cette nouvelle disposition. En tant que Secrétaire d’instruction, j’ai mené deux instructions sur cette matière. L’une a donné lieu à une décision qui a sanctionné la diffusion d’une campagne publicitaire de l’enseigne Lidl. L’autre est en cours et concerne cette fois le programme Chasseurs d’apparts.

Pour Mathilde Alet, cette nouvelle disposition est une bonne chose car elle apporte des outils concrets pour garantir l’égalité entre les femmes et les hommes dans les médias, mais pour notre ancienne Secrétaire d’instruction, la balle est surtout dans le camp des éditeurs.

Isoler les problèmes de sexisme et mieux sensibiliser – par Mathilde Alet

Je suis convaincue que la réaction par voie législative n’est pas suffisante. Le décret qui impose certaines obligations aux éditeurs est un outil parmi d’autres, mais la sensibilisation et l’investissement des éditeurs sur cette question est prioritaire. Le baromètre diversité du CSA permet d’apporter les chiffres et l’objectivation nécessaire. Sur base de cette objectivation, des tas de projets pourraient découler. Par exemple, on constatait dans les baromètres précédents que les femmes sont davantage appelées par leur prénom alors que les hommes sont nommés par leur nom et leur fonction. L’égalité entre les femmes et les hommes passe par des changements structurels comme la présence des femmes à l’écran qui est encore trop faible, mais aussi parfois par des points d’attention.

Je pense que personne n’est responsable mais tout le monde l’est un peu dans la chaîne de l’audiovisuel. La difficulté pour actionner le changement, c’est cette question de la responsabilité. Un exemple concret est celui de la répartition femmes-hommes dans les débats politique en télé ou en radio. Quand on interroge les éditeurs, certains diront qu’ils ne sont pas responsables car ce sont les partis politiques qui décident et qu’ils n’ont donc aucune marge de manœuvre. Il est toujours possible d’imposer le changement à sa propre échelle ou de sensibiliser au minimum sur ces questions. Je pense que, en dehors des dispositions légale, si tout le monde prend conscience qu’il dispose d’un petit levier pour actionner le changement, alors nous verrons des avancées nettement plus rapides sur les constats que nous dressons lors de chaque baromètre.

 


 

 

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