“Une base financière solide pour une offre média riche”

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Est-ce que le pluralisme a été trop régulé en FWB ?

Le pluralisme est un pilier de la démocratie qu’il faut préserver. Mais ses bases ont évolué en FWB comme partout ailleurs. Le pluralisme structurel n’a pas toujours existé chez nous et sa définition même a largement évolué en fonction, notamment, des réalités du terrain et des acteurs qui le composent. Le législateur a toujours réagi en fonction de la réalité du secteur qui est aussi le seul à avoir innové.

À l’origine, le pluralisme, tel que nous l’entendions était essentiellement culturel. Ce que je désire souligner ici, c’est que la finalité ultime du pluralisme est de permettre aux consommateur(trice)s d’avoir accès à une offre « plurielle ». Pour moi, le pluralisme structurel peut être un « moyen » pour parvenir au pluralisme de l’offre, il n’est pas un « objectif » en soi. Si une série de balises sont mises en œuvre pour s’assurer qu’un seul groupe diffuse une offre variée, le résultat est le même.

La fin du pluralisme structurel représente un risque pour la diversification de notre paysage. Quel est votre solution pour que le secteur reste diversifié, concurrentiel et dynamique ?

Il faut que tout le monde soit concerné dans les projets de réforme qui vont impacter le secteur. Il y a le contrat de gestion pour la RTBF d’un côté et le plan de fréquences de l’autre. Avec la quantité de services que l’opérateur public propose, il y a un risque de distorsion de concurrence. Je comprends que la RTBF doit être forte et toucher une large audience, mais il faut aussi veiller au secteur privé. Pour la radio, je pense qu’il est possible de mieux répartir les fréquences et il est surtout impératif d’offrir au privé des fréquences de même qualité que celles dont dispose le service public.

Sur la FM, techniquement, il y a des solutions sans devoir passer par un choix de services au détriment d’un autre. Quand on regarde les normes de protection entre les différentes fréquences, le service public veut absolument préserver les 400 Mhz entre les fréquences. Du côté des privés, on est à 300 Mhz. Si on diminuait cette norme à 300, on donnerait de l’oxygène sur la bande FM ce qui ouvrirait le spectre à davantage d’opérateurs privés. Avec le DAB+, les places vont se libérer et la question se posera moins.

En ce qui concerne l’importance pour les plus petites radios de survivre, notamment dans leur passage au DAB, je pense que la réflexion doit surtout se porter sur leur soutien financier. Le Gouvernement doit pouvoir assurer un fond de soutien à ce secteur et, pourquoi pas, les plus gros groupes pourraient y contribuer…

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