“Garantir un système clair et transparent avec un maximum d’acteurs”

Votre opinion sur une modification du seuil de concentration ?

C’est le taux de concentration qui donne le ton. Le taux de concentration de 20% garantit d’avoir au minimum cinq acteurs qui possèdent ou contrôlent chacun au plus 20 % des médias audiovisuels. Augmenter le seuil de concentration réduira le nombre d’acteurs en présence. Ceux qui ont un business qui marche veulent continuer à acquérir plus de parts de marché. Quand on voit les tendances actuelles, par exemple en France avec les Bolloré, Drahi, Lagardère et autres, j’ai le sentiment que tout se dirige vers plus de concentration. C’est le cas chez nous aussi. Que ce soit dans cette demande d’avis sur une modification du décret SMA ou à propos du futur plan de fréquences numérique, le pluralisme et la diversité sont questionnés et mis en danger.

 

Faut-il revoir la procédure de contrôle pour plus de transparence ?

Ce n’est pas le travail d’un gouvernement ou d’un organe de contrôle de favoriser l’opacité du business des sociétés privées. Pour moi, on veut aller trop loin. À la place de savoir qui est propriétaire, on passerait à une situation plus obscure ou on regarde qui contrôle ces sociétés tout en n’ayant pas accès aux informations pertinentes. On avait des chiffres bien arrêtés et ici on irait vers quelque chose de plus flou, qui pousserait encore plus loin les taux de concentration. Il faut un système où les choses sont claires et transparentes.

 

Plus de clarté aussi au niveau de la distribution des ressources publicitaires ?

Selon moi, il faut que les radios qui fonctionnent grâce aux revenus publicitaires aient le marché pub pour elles seules. Et que les acteurs qui vivent grâce à une dotation fonctionnent différemment. La course à la publicité se traduit par la recherche de trucs et de recettes qui marchent. Il en découle une uniformisation des contenus des radios lesquelles tendant à se cloner les unes les autres, le service public inclus. Cela nuit à la diversité. On devrait d’ailleurs prendre des mesures sérieuses pour mettre fin à l’hégémonie des deux régies qui contrôlent quasiment toute la publicité en Fédération Wallonie-Bruxelles, la RMB pour la RTBF et IP pour le groupe RTL qui disposaient respectivement de 31% et 65% de parts de marché en 2015.

   Send article as PDF