Entretien avec Eric Rault (INA)/ responsable du volet “Archivage” du jumelage

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Afin de remplir sa mission de préservation et garantie de la liberté d’expression et du pluralisme des médias en Tunisie, la HAICA voit comme une nécessité de se doter d’un système d’archivage des programmes de la radio et de la télévision diffusés dans le pays. Pour ce faire, les équipes techniques de la HAICA et de l’INA ont collaboré à la mise en place d’un système de captation et d’acquisition des flux de radio et TV, de stockage pérenne et de documentation des programmes audiovisuels. 
 

E.R. : Je suis très heureux d’avoir participé à cette entreprise. Je dois saluer le CSA belge d’avoir su mettre les bouchées doubles pour répondre en un temps record à l’appel d’offre et engager ce contrat de jumelage avec la HAICA. 

Je souhaite également saluer l’engagement de Jean-François Furnemont qui a parfaitement démarré le projet sur Tunis, relayé à mi-chemin et tout aussi brillamment par Paul-Éric Mosseray. Ils nous ont assuré de parfaites conditions de réalisation sur les différent points composant notre volet. 

Quant à Nouri Lajmi, sa disponibilité et l’intérêt qu’il porte à chaque point du Jumelage en font un Président résolument moteur et capable de fédérer les équipes. 

Il y a eu de manière générale, au sein de la HAICA et des membres du COPIL, une équipe bienveillante, volontaire et à l’écoute de nos sujets techniques sortant des sphères d’intérêt ou des priorités professionnelles des participants. Nous remercions à cet effet les membres du COPIL qui ont su trouver les dispositions budgétaires nécessaires pour continuer à avancer contre vent et marées. Le ralentissement du projet dû aux mesures de prévention de l’épidémie de covid-19 a paradoxalement été bénéfique en ce sens qu’il a par exemple octroyé un délai supplémentaire important pour la réalisation du corpus de documentation. 

Par ailleurs, notre positionnement au sein du Jumelage a toujours été clair et consistant, nous inscrivant dans un projet global malgré les spécificités très techniques de notre mission. À ce titre, la position de l’INA a été particulièrement valorisante sur ce dossier. La HAICA est très écoutée par l’ensemble des acteurs de la profession et sa présidence du REFRAM a eu une incidence pour nous, de même que le fait d’être associé au CSA belge sur des sujets où on ne nous attendait pas particulièrement, mettre l’archivage à profit de la régulation par exemple. 

L’enjeu, pour ce volet, a été de tailler le système et l’aventure à l’échelle de la demande et des capacités de l’institution bénéficiaire. L’équipe technique de la HAICA (3 ou 4 personnes) n’a rien de comparable avec la machine INA. Ce que nous avons réussi à réaliser n’en est que plus impressionnant.  

La qualité d’écoute de l’équipe de la HAICA, très compétente, engagée et proactive, nous a permis de délivrer une expertise pointue au service des problématiques de la HAICA. Nous avons parfois eu le sentiment de « professionnaliser » l’équipe en apportant méthode, cadre et… Tranquillité. 

Enfin, d’un point de vue professionnel, cette collaboration a étendu nos connaissances réciproques et notre capacité à architecturer des systèmes informatiques complexes. L’équipe technique de la HAICA fait partie d’une génération très “Web-App”. Ce sont des applications flexibles et à développement rapide. L’Ina propose plus généralement des applications dédiées. À la croisée des deux mondes, nous sommes tombés d’accord pour installer du spécifique là où il y a un fort besoin de sécurité et de la souplesse pour le reste. Nous avons ainsi monté une fusée en quelques mois et pouvons être fiers de cet exceptionnel travail d’équipe. 

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